Panic! 2018 : classes sociales, goût et inégalités des industries de la création

(Panic! 2018: Social Class, Taste and Inequalities in the Creative Industries)

Basé principalement sur une enquête menée auprès de 2 487 travailleurs du secteur créatif au Royaume-Uni (l’enquête Panic!), ce rapport conclut que « les industries culturelles et créatives sont marquées par d’importantes inégalités ». Comme les résultats ne semblent pas être fondés sur un échantillon aléatoire, il n’est pas que les répondants constituent un échantillon représentatif de l’ensemble de la main-d’œuvre du secteur créatif au Royaume-Uni.

Les neuf industries culturelles et créatives couvertes par l’enquête sont : 1) publicité et marketing; 2) architecture; 3) artisanat; 4) design (produit, graphique et mode); 5) cinéma, télévision, vidéo, radio et photographie; 6) informatique, logiciels et services informatiques; 7) édition; 8) musées, galeries et bibliothèques; et 9) musique, arts de la scène et arts visuels.

La principale conclusion du rapport est qu’il y a une sous-représentation importante « des femmes et des membres des communautés ethniques minoritaires dans des professions culturelles spécifiques ». En outre, « une caractéristique clé de la main-d’œuvre culturelle et créative britannique est l’absence de personnes d’origine sociale ouvrière ». Plus précisément :

  • « Presque tous les secteurs professionnels ont une sous-représentation des femmes dans leur main-d’œuvre, l’édition (52,9 %) et les musées, galeries et bibliothèques (64,8 %) étant les deux seuls secteurs où les femmes ne sont pas sous-représentées par rapport à l’ensemble de la main-d’œuvre. »
  • Les Noirs et les minorités ethniques représentent 9 % de la population active du Royaume-Uni, mais seulement 3 % dans les musées, les galeries et les bibliothèques, 4 % dans le cinéma, la télévision, la vidéo, la radio et la photographie, et 5 % dans la musique, les arts de la scène et les arts visuels.
  • Les personnes d’origine ouvrière représentent 21 % de la population active du Royaume-Uni, mais seulement 13 % des travailleurs de l’édition, 12 % de ceux du cinéma, de la télévision, de la vidéo, de la radio et de la photographie, et 18 % de ceux de la musique, des arts de la scène et des arts visuels.

Le rapport contient de nombreuses autres constatations notables liées aux inégalités dans la main-d’œuvre du secteur créatif. Par exemple :

  • « Les jeunes de la classe moyenne supérieure étaient représentés de façon disproportionnée dans les emplois créatifs... En revanche, les jeunes issus de la classe ouvrière étaient sous-représentés... En termes d’opportunités et d’équité, la situation n’a pas changé entre 1981 et 2011. »
  • « En termes de classe sociale, la mobilité sociale est un problème de longue date pour le secteur, ce qui signifie qu’elle est actuellement dominée par les personnes d’origine sociale aisée. »
  • « Les inégalités de la main-d’œuvre sont renforcées par la prévalence du travail non rémunéré, 87 % des répondants à l’enquête indiquant qu’ils ont travaillé gratuitement. »
  • « Les répondants à l’enquête Panic ! étaient disproportionnellement susceptibles de connaître d’autres travailleurs culturels et créatifs et moins susceptibles de connaître des personnes occupant des emplois non créatifs (en tant qu’amis, membres de la famille et collègues). Les auteurs indiquent que ces « réseaux sociaux étroits [suggèrent] un type de repliement social au sein du secteur ».

En ce qui concerne la perception qu’ont les travailleurs de l’avancement fondé sur le mérite dans le secteur, le rapport indique que « les répondants qui sont les mieux payés sont les plus susceptibles de penser que le secteur récompense le talent et le travail acharné, et sont les moins susceptibles de voir des exclusions de classe, d’origine ethnique et de genre dans la main-d’œuvre ».

L’analyse par les chercheurs d’une enquête plus large sur les valeurs et attitudes éthiques et politiques des travailleurs indique que ceux du secteur créatif « sont les plus libéraux et les plus à gauche de toutes les professions ».

Summary: 

Basé principalement sur une enquête menée auprès de 2 487 travailleurs du secteur créatif au Royaume-Uni (l’enquête Panic!), ce rapport conclut que « les industries culturelles et créatives sont marquées par d’importantes inégalités ».