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Lire le Canada; Lire le Canada, 2e partie : Œuvres de fiction ou autres ouvrages

décembre 16, 200516 décembre 2005

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http://www.acs-aec.ca/Polls/Poll61.pdf

Ces deux rapports donnent une brève analyse des résultats d’un sondage mené auprès de 2 002 Canadiens de 18 ans et plus sur leurs habitudes de lecture de livres. Le premier se penche sur les variations de ces habitudes en fonction de la région, du niveau d’études, du revenu, du sexe, de l’âge et des sympathies politiques, tandis que le second examine la préférence pour les œuvres de fiction ou les autres ouvrages, selon les mêmes facteurs. Le premier rapport établit que, dans leur ensemble, 85 % des Canadiens avaient lu au moins un livre dans les six mois précédant le sondage (décembre 2002). Confirmant les conclusions d’autres études portant sur les arts, il révèle que la lecture de livres augmente avec le niveau d’études des répondants (qu’il désigne comme le facteur le plus important). Autres constats : la proportion de femmes qui lisent est plus élevée que celle d’hommes et on lit plus de livres en Ontario et dans l’Ouest canadien, la palme revenant à la Colombie-Britannique. Le rapport ne donne aucun chiffre sur la lecture de livres selon l’appartenance ethnique ou le statut d’immigrant et le sondage ne couvrait pas les autres sortes de lectures (p.ex., les journaux et les périodiques).

Les répondants dans leur ensemble déclaraient choisir le plus souvent les livres qu’ils lisaient en furetant dans les rayons d’une librairie ou d’une bibliothèque. Venaient ensuite la recommandation d’un livre par une de leurs connaissances ou la fidélité à un auteur qu’ils aiment particulièrement. La recommandation d’un ami était le mode de sélection le plus courant chez les gens qui lisent le moins, ce qui fait que les campagnes de développement de la lecture devraient sans doute s’appuyer sur des stratégies de « bouche à oreille » entre amis.

D’après les chiffres donnés dans le rapport, la lecture n’augmente pas régulièrement en fonction du revenu, la proportion de lecteurs de livres chez les gens dont le revenu est compris entre 20 000 $ et 30 000 $ (88 %) étant très proche de celle qu’on trouve chez ceux qui gagnent 80 000 $ ou plus (91 %). On observe de fortes variations dans les statistiques de lecture selon le revenu, sans doute attribuables à la relative petitesse de l’échantillon. La proportion de lecteurs diminue quelque peu avec l’âge, puisqu’ils étaient 88 % chez les 18 29 ans à avoir lu au moins un livre au cours des six mois précédents, et seulement 79 % chez les 60 ans et plus. Toutefois, les répondants de 60 ans et plus avaient tendance à lire le plus de livres (accompagnés en cela par la tranche d’âge des 45 59 ans).

La proportion globale de lecteurs (88 % des répondants avaient lu au moins un livre au cours des six mois précédents) est sensiblement plus élevée que celle qu’avait obtenue une enquête analogue effectuée par Statistique Canada en 1998. D’après ses résultats (voir http://www.statcan.ca/francais/Pgdb/arts13a_f.htm), environ 61 % des Canadiens avaient lu au moins un livre au cours de l’année écoulée. L’échantillon de cette enquête-là comportait près de 11 000 Canadiens de 15 ans et plus.

La différence de taille des échantillons peut avoir joué dans les différences d’estimations, mais il semble que les enquêtes effectuées par Statistique Canada produisent des estimations toujours inférieures à celles auxquelles aboutissent les enquêtes menées par des firmes privées, en ce qui concerne la participation aux activités artistiques. Dans le volume 2, numéro 8 de Recherche sur les arts, nous signalions que les chiffres donnés par Statistique Canada à cet égard présentaient également des différences notables par rapports aux résultats d’une étude analogue, mais de moindre envergure, effectuée par le Centre de recherche Décima pour Patrimoine canadien. C’était particulièrement vrai en ce qui a trait aux estimations de la fréquentation des spectacles, des festivals et des expositions d’arts visuels. Il est évidemment possible, bien que peu probable, que la lecture et beaucoup d’autres formes de participation aux activités artistiques aient considérablement augmenté entre 1998 et les premières années du nouveau millénaire. (Un rapport de Hill Stratégies sur les dépenses des consommateurs au chapitre de la culture montrait que les achats de livres avaient, de fait, augmenté de 23 % entre 1997 et 2001. Voir http://www.hillstrategies.com/fr.ressources.html.) Il est également possible que, malgré l’importance de son échantillon, l’enquête téléphonique de Statistique Canada n’ait pas réussi à donner une image fidèle de la participation aux activités artistiques. Les questions à ce sujet ne représentaient en effet qu’un élément d’une enquête relativement longue (40 minutes) sur l’« emploi du temps » des répondants. Or, les questionnaires longs sont susceptibles de lasser les répondants et d’entraîner de leur part des erreurs due à l’inattention, des refus de répondre et des réponses incomplètes. (How to Plan a Survey, NC State University, http://www.stat.ncsu.edu/info/srms/survplan.html). Un examen attentif des résultats de l’enquête permet d’ailleurs de constater que beaucoup de répondants n’ont pas répondu aux questions sur les activités artistiques, vraisemblablement parce qu’ils avaient raccroché avant que l’enquêteur y parvienne. Bien qu’on eût pu faire abstraction de ces réponses lors de l’analyse (ce qu’a fait Hill Stratégies dans ses rapports reprenant ces données, mais dont s’est abstenue Statistique Canada), il est possible que d’autres répondants aient donné des réponses inexactes par inadvertance ou par désir d’en finir au plus vite.

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