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La classe créative : Bref résumé de la théorie

janvier 31, 200631 janvier 2006

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http://www.creativeclass.org

Bref résumé de la théorie

L’ouvrage de Richard Florida The Rise of the Creative Class, paru en 2002, a suscité pas mal d’intérêt dans les milieux artistiques et a valu à son auteur et à ses collaborateurs de nombreuses invitations à donner des conférences et à effectuer des travaux de consultation. Florida soutient que l’essor économique régional ne dépend plus de la présence de matières premières ou de ports naturels, ni de la bataille pour obtenir l’implantation d’entreprises. « La créativité les a désormais remplacés comme source cruciale de la croissance économique. Pour prospérer dans ce nouvel âge créatif, les régions doivent produire, attirer et retenir des gens talentueux et créatifs, qui apportent des innovations, développent des activités à forte teneur technologique et alimentent la croissance économique. » (extrait de Competing on Creativity). Florida a inventé l’expression « classe créative » pour décrire ces sujets doués de talent et de créativité qui, selon sa théorie, contribuent à doper la croissance liée à la technologie de pointe.

Son analyse repose sur les corrélations entre les indices rendant compte de ce qu’on a appelé « les trois T » de la croissance économique : talent, tolérance et technologie. Elle révèle un lien statistique entre les mesures du talent (pourcentage d’habitants possédant un diplôme universitaire), de la tolérance (pourcentage de personnes nées à l’étranger dans la population), de la créativité (pourcentage du nombre national d’emplois dans les domaines artistiques et créatifs que compte la région, par rapport à son pourcentage de la population nationale) et de la technologie (pourcentage du nombre national d’emplois dans des secteurs de haute technologie que compte la région, par rapport à son pourcentage du nombre global d’emplois à l’échelle nationale).

Le rapport Competing on Creativity: Placing Ontario’s Cities in a North American Context donne un classement commode des grandes agglomérations canadiennes pour chacun de ces indices. Un rapport plus récent, établi à la demande de Greater Halifax Partnership, met ce classement à jour en fonction des données du recensement de 2001. Ces rapports présentent brièvement les concepts et variables entrant dans l’analyse de Florida. Un rapport encore plus récent, intitulé Europe in the Creative Age, reprend les théories de base qui sous-tendent cette approche et compare des indices européens légèrement différents avec les données états-uniennes équivalentes. (On ne trouve aucune donnée canadienne dans ce rapport.)

L’analyse de Florida a été employée comme argument en faveur de l’amélioration de la « qualité du lieu » de diverses villes, le plus souvent dans une optique de développement de la culture et des loisirs. Elle a plus particulièrement été un élément clé des politiques et stratégies culturelles de Montréal et de Calgary.

Martha Piper, présidente de l’Université de Colombie-Britannique, a dernièrement prononcé une allocution sur le rôle des universités dans la création d’un « climat humain » rassemblant les attributs essentiels du talent, de la technologie et de la tolérance. Ce n’est pas, a-t-elle dit, une économie dynamique et innovante qui nous permet de nous offrir une qualité de vie caractérisée par la tolérance, la responsabilité sociale et la diversité culturelle, mais plutôt ces facteurs eux-mêmes qui ménagent les conditions nécessaires pour attirer les gens créatifs. La création d’un climat humain « doit constituer une partie intégrante de toute stratégie de développement économique – non en tant qu’élément subsidiaire, mais en tant que pilier de notre programme économique – pour conserver une ouverture sur la diversité et investir dans les équipements que les gens souhaitent véritablement et dont ils se servent souvent », comme les espaces verts urbains et les programmes culturels.

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